Présent dès la fondation de l'UQAM en 1969, le Département de linguistique a été officiellement créé le 24 mars 1970. Les points saillants de son développement sont résumés dans la rubrique En bref tandis que l'Histoire chronologique relate les principaux faits et événements ayant marqué chacune des années universitaires depuis sa fondation.
Fondé en 1969, du même souffle que l’institution qui l’abrite, le Département de linguistique de l’Université du Québec à Montréal a d’abord vu le jour en tant que section d’un département qui regroupait la linguistique et les langues modernes avant d’être autonomisé et officiellement créé quelques mois plus tard, le 24 mars 1970.
Initialement constitué d’un groupe de dix-sept professeurs, dont sept provenaient des institutions fondatrices de l’UQAM, le corps professoral compte déjà vingt-et-un membres en juin 1970. Par la suite, le département poursuivra son expansion jusqu’à atteindre près d’une quarantaine de professeurs et plus d’une centaine de chargés de cours au début des années quatre-vingt-dix, alors qu’il est responsable de la formation en linguistique et en didactique des langues ainsi que de l’enseignement des langues.
En 1991, à la création du Bureau de coordination en enseignement des langues en 1991, qui mènera à la fondation de l’École des langues en 1996, le département se départit de la gestion des cours de langues et recentre sa mission sur les disciplines de la linguistique et de la didactique des langues. À compter de 1998, afin de mieux reconnaître cette dualité, le département modifie son appellation et devient le Département de linguistique et de didactique des langues. En 2009, la création du Département de didactique des langues, rattaché à la Faculté des sciences de l’éducation, sera l’occasion pour le Département de linguistique de renouveler sa mission de recherche et de formation en linguistique, tout en continuant à assurer la formation en grammaire du français, tant auprès des futurs enseignants que de la population étudiante de façon générale.
Un programme de baccalauréat en linguistique a été offert dès la fondation du département. Ce programme, modifié à plusieurs reprises pour tenir compte de l’évolution de la discipline et des besoins de formation des étudiants, est maintenant assorti d’une majeure et d’une mineure en linguistique ainsi que d’un programme court en linguistique appliquée à l’étude de la grammaire. Depuis 1990, le Département offre également un certificat en interprétation visuelle, qui constitue le seul programme universitaire de formation des interprètes en langue des signes québécoise. Plusieurs autres programmes de premier cycle ont aussi été offerts au fil des ans, mais ne sont plus actifs à l’heure actuelle, notamment un certificat en alphabétisation et un autre en terminologie. Le Département a aussi été responsable des programmes de formation en enseignement des langues secondes jusqu’à leur transfert à la Faculté des sciences de l’éducation en 2009.
La très forte implication en recherche des membres du corps professoral a rapidement rendu possible la création de programmes de cycles supérieurs consacrés à la formation en recherche. Ainsi, dès 1972, un programme de maîtrise en linguistique est implanté. Ce programme connaîtra plusieurs modifications, dont la création en 1994 de deux concentrations, linguistique et didactique des langues, comportant chacune deux profils de cheminement. En 2009, la concentration didactique des langues sera autonomisée en maîtrise en didactique des langues, rattachée à la Faculté des sciences de l’éducation.
Dès les années quatre-vingts, le Département se distingue par son haut niveau de financement de la recherche en linguistique fondamentale. Cet essor important de la recherche subventionnée contribuera à l’implantation du programme de doctorat en linguistique en 1987. Ce programme, initialement centré sur la formation de chercheurs en linguistique fondamentale, sera modifié en 1995 afin d’y inclure les principaux domaines de la linguistique appliquée. D’autres modifications apportées en 2002 et en 2016 permettront une meilleure articulation des programmes de cycles supérieurs et favoriseront la spécialisation des études au niveau doctoral.
Le Département constitue un milieu de recherche florissant où se sont déployés de nombreux projets de recherche, au fil des ans, dans les différents domaines de la linguistique. Plusieurs professeurs ont pu bénéficier d’importantes subventions de recherche, entre autres dans le cadre des Grands travaux de recherche concertée du CRSH, de la Fondation canadienne pour l’innovation ou des Regroupements stratégiques des Fonds de recherche du Québec. Ce financement a permis la constitution de groupes de recherche reconnus dans divers domaines, dont la linguistique africaniste, la linguistique algonquienne, la genèse des langues créoles, la langue des signes québécoise et le bilinguisme sourd, la phonétique expérimentale, la prosodie et la synthèse de la parole, le traitement automatique des langues, les asymétries d’interface et la biolinguistique, pour ne nommer que les principaux.
L’implication en recherche du Département s’est également manifestée très rapidement dans ses multiples initiatives pour favoriser la diffusion de la recherche. En 1971, le Département met sur pied les Cahiers de linguistique, qui cèderont la place, en 1981, à la Revue québécoise de linguistique, publiée jusqu’en 2003. Au fil des ans, le Département est l’hôte et l’organisateur de nombreux congrès, colloques et conférences, qui attirent des chercheurs des quatre coins de la planète. Il accueille aussi plusieurs professeurs visiteurs ou invités de renommée internationale.
Fervent promoteur de la recherche interdisciplinaire sur le langage, le Département a activement participé à la fondation de l’Institut des sciences cognitives (ISC) en 2004. Son intérêt pour les sciences cognitives s’est aussi traduit par le développement d’un nouvel axe de recherche « langage et cognition », la création de concentrations en sciences cognitives au sein des programmes de maîtrise et de doctorat en linguistique et la participation des professeurs et des étudiants de cycles supérieurs aux conférences, colloques et écoles d’été organisés par l’ISC.
Cette chronologie relate les principaux faits et événements ayant jalonné l’histoire du Département de linguistique depuis sa fondation.
ANDRÉANI, Pierre
Venu de l’École normale d’enseignement technique, le professeur Pierre Andréani a été membre du Département de linguistique depuis sa fondation en 1969 jusqu’au moment de son départ à la retraite 1992. Titulaire d’un doctorat en philosophie (lettres scientifiques) de l’Université de Bruxelles, il était spécialiste de la grammaire du français. Il a été responsable de plusieurs modules, notamment le module d’enseignement des langues et des lettres, dont il fut le premier directeur. Pierre Andréani est décédé le 25 juillet 2010.
ASSELIN, Claire
Titulaire d’un doctorat en linguistique de l’Université de Chicago obtenu en 1968, la professeure Claire Asselin a joint les rangs du Département de linguistique en 1973. Elle a consacré une grande part de sa carrière à l’élaboration et à l’implantation des cours de grammaire du français écrit. Elle est l’auteure, avec Anne Mc Laughlin, des manuels Apprentissage de la grammaire du français écrit. Claire Asselin a pris sa retraite en janvier 1997. Elle est décédée le 13 novembre 2009.
DUGAS, André
Particulièrement fier de ses origines acadiennes, ancrées dans la municipalité de Saint-Jacques de Montcalm, il suit son cours classique au Collège de l’Assomption (Québec) et occupe ensuite divers emplois pour gagner sa vie. Il prend alors la décision de poursuivre en France, à l’Université de Grenoble, un doctorat de 3e cycle en mathématique appliquée (linguistique), qu’il obtient en 1966. Il est ensuite recruté en 1969 par l’Université du Québec à Montréal et devient le premier directeur du Département de linguistique (1970-1972). Très engagé dans le développement de son département en tant que directeur des programmes de 1er cycle et membre de l’Association québécoise de linguistique lors de sa fondation en 1982, il contribue à son rayonnement en devenant le président de l’Association canadienne de linguistique/Canadian Linguistic Association au cours des années 84-86. Il prend sa retraite de l’UQAM en 1995. Il est décédé de 4 janvier 2024.
DUMAS, Denis
Denis Dumas, professeur à la retraite (2003) du Département de linguistique est décédé le 8 novembre 2022, suite à une longue maladie pulmonaire. Denis était membre du département depuis sa fondation en 1969 et il en a été le directeur de 1980 à 1981. Il a fait ses études en linguistique à l’Université de Californie (San Diego) et à l’Université de Montréal (Ph.D. 1978), sa thèse portant sur la phonologie du français montréalais. Durant sa carrière, Denis a surtout enseigné la phonologie ainsi que la grammaire du français, pour laquelle il s’est toujours dévoué cœur et âme. Son œuvre la plus importante fut la publication, en 1994, de Nos façons de parler : les prononciations en français québécois, aux PUQ. Ce texte, surtout destiné au grand public, décrit, explique et démystifie de nombreux aspects phonologiques et phonétiques caractéristiques du français du Québec. Il était également responsable des transcriptions phonétiques des entrées lexicales d’Usito, dictionnaire électronique du français standard du Québec.
GUERSSEL, Mohamed
Mohamed Guerssel est décédé le 6 juin 2025, à l’âge de 77 ans. Il laisse derrière lui une œuvre scientifique aussi exigeante que féconde, largement consacrée à l’étude des langues amazighes, sa langue d’origine, et de l’arabe classique, qu’il a contribué à éclairer par des outils linguistiques modernes. Mais c’est surtout pour ses travaux sur l'amazigh que Mohamed Guerssel restera dans les mémoires. Il fait partie de ces rares linguistes qui, dans les années 1980 et 1990, ont su montrer que les langues amazighes n’étaient pas seulement un patrimoine culturel à préserver, mais un objet scientifique à part entière, capable d’éclairer les grandes questions de la linguistique générale. Il a fait ses études doctorales à l’Université de Washington à Seattle, avec Michael Brame, et a terminé en 1979, ensuite il a été chercheur quelques années à MIT dans le projet de Ken Hale. Par la suite, Jonathan Kaye et Jean Lowenstamm l’ont engagé comme chercheur, puis a été embauché comme professeur au département de linguistique de l’UQAM, il y restera jusqu’en 2012, année où il a pris sa retraite.
LABELLE, Guy
Le professeur Guy Labelle a été membre du Département de linguistique depuis sa fondation en 1969 jusqu’au moment de son départ à la retraite en 1989. Il était auparavant rattaché à l’École normale Ville-Marie. Détenteur d’un doctorat en linguistique de l’Université de Paris VII, obtenu en 1976, il a principalement œuvré dans le domaine de la didactique des langues. Il a été très impliqué dans la gestion universitaire, notamment à titre de directeur du département de 1972 à 1974 et de vice-doyen de la Famille des lettres de 1978 à 1982. Guy Labelle est décédé en 1995.
LABELLE, Jacques
Le professeur Jacques Labelle a été membre du Département de linguistique (spécialité morphosyntaxe) dès la fondation dudit département, soit le 24 mars 1969. De plus, il a en a été le directeur de 1976 à 1978. Ayant pris sa retraite en l'an 2000, il est décédé le 15 mars 2025 auprès des siens.
LUMSDEN, John S.
Décédé le 8 septembre 2022 à Montréal, John S. Lumsden a été professeur au Département de linguistique de 1989 à 2019. Après l’obtention de son doctorat en linguistique du Massachusetts Institute of Technology en 1987, il a joint les rangs de l’UQAM, d’abord à titre de chercheur de 1987 à 1989, puis comme professeur sous octroi de 1989 à 1992, avant de devenir professeur régulier. Tout au long de sa carrière, il s’est particulièrement intéressé aux langues créoles, aux langues en contact ainsi qu’à la morphologie et la sémantique cognitive. Bien apprécié des étudiantes et étudiants pour son ouverture face aux différents courants théoriques de la linguistique, il a dirigé plusieurs étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs. Il a aussi été le directeur des programmes de premier cycle en linguistique de 2009 à 2012 et de 2013 à 2016.
MC A’NULTY, Judith
La professeure Judith Mc A’Nulty est prématurément décédée le 14 septembre 1984. Elle était professeure au Département de linguistique depuis 1971. Détentrice d’un doctorat en linguistique de l’Université de Montréal obtenu en 1975, son principal domaine d’enseignement et de recherche était la syntaxe. Elle est à l’origine, avec son collègue André Dugas, des Cahiers de linguistique, fondés en 1971, dont elle sera la rédactrice jusqu’à ce qu’ils cèdent la place, en 1981, à la Revue québécoise de linguistique, dont elle fut la première directrice.
MORRIS, Lori A.
Lori Morris a joint les rangs du Département de linguistique en 2002. Détentrice d’un doctorat en linguistique de l’Université Laval, obtenu en 1991, Lori Morris a d’abord œuvré au sein des programmes en enseignement des langues secondes, en tant que spécialiste de la grammaire de l’anglais. Elle a aussi activement participé à la gestion de ces programmes dont elle a assumé la direction de 2004 à 2007. Au cours des dernières années de sa carrière, elle a réorienté sa recherche dans le domaine de l’acquisition des langues et du développement de la littératie en contexte autochtone. Elle était très impliquée auprès de plusieurs communautés innues et algonquines. De 2013 à 2016, elle a été directrice du Département de linguistique. Lori Morris est décédée le 27 février 2017.
NEMNI, Monique Esther
Monique Nemni, professeure à la retraite, membre du Département de linguistique de 1980 à 2002 est décédée le 2 novembre 2022. Suite à l’obtention de son doctorat (Université de Toronto), elle a enseigné la didactique des langues secondes au Collège Glendon de l’Université York et depuis 1980 à l’UQAM, où elle a continué de se dévouer à la recherche et à la formation des futurs maîtres de français langue seconde aux premier et deuxième cycles. Elle a d’ailleurs dirigé dix-sept mémoires de maîtrise et publié de nombreux articles théoriques dans des revues importantes, comme la Revue canadienne des langues vivantes et la Revue québécoise de linguistique. En plus de son enseignement et de ses travaux de recherche, Monique a été responsable du module Enseignement des langues et des lettres de 1989 à 1991. Durant les années 1970-1990, Monique a acquis une réputation pancanadienne par la publication de plusieurs séries de manuels scolaires de français langue seconde préconisant l’approche pédagogique communicative, révolutionnaire à l’époque. Ces manuels ont longtemps été utilisés par la majorité des écoles secondaires du Canada entier. Monique s’est également fait connaître au Québec lorsqu’elle et son mari Max sont devenus rédacteurs de la revue Cité libre au milieu des années 1990. La retraite n’a pas su arrêter Monique.
PELCHAT, Roland
Venu de l’École normale Ville-Marie, Roland Pelchat est l’un des membres fondateurs du Département de linguistique. Détenteur d’un doctorat en lettres, obtenu à l’Université de Strasbourg en 1969, il a œuvré dans les domaines de la psycholinguistique et de l’acquisition de la langue maternelle. Il s’intéressait particulièrement aux rapports entre la langue orale et la langue écrite. Il a activement participé, durant plusieurs années, au Programme de perfectionnement pour les maîtres en français (PPMF) de l’UQAM. Roland Pelchat est décédé en 1985.
