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Variation et diachronie

Ici sont regroupés deux grands axes de recherche sur la variation et le changement linguistique:



Axe Variation – Analyser l’effet du contact et d’autres facteurs sociaux sur la variation linguistique

(Michael Friesner)

L’objectif de l’axe variation est d’examiner la variation sociolinguistique et l’influence du contact sur le français et l’anglais, plus particulièrement dans le contexte québécois. Afin d’examiner ces influences, nous adoptons une approche variationniste en utilisant plusieurs méthodes d’analyse, telles que l’analyse phonétique avec l’aide de logiciels comme Praat, ELAN et Plotnik et l’analyse statistique multivariée avec l’aide de Goldvarb.

Dans le projet sur l’ethnicité en français montréalais en collaboration avec Hélène Blondeau de l’Université de Floride, nous visons à étudier la contribution des locuteurs plurilingues d’origines ethniques variées au français québécois du XXIe siècle. Nous tenons compte non plus uniquement du français parlé par les locuteurs d’origine ethnologuistique québécoise « traditionnelle », mais aussi de celui des immigrants et des enfants d’imigrants qui ont intégré le français à leur répertoire linguistique. Nous prenons comme point de comparaison les effets du contact ethnolinguistique dans une autre région plurilingue, soit celle de Miami, en Floride, qui attire un grand nombre d’immigrants hispanophones, créolophones et québécois, entre autres, ainsi que des migrants d’autres régions anglophones des États-Unis et des Caraïbes.

Nous nous intéressons également aux effets du bilinguisme au Québec, notamment l’influence du français sur la prononciation de l’anglais parlé au Québec et celle de l’anglais, de l’espagnol et d’autres langues issues de l’immigration et du contact culturel sur le lexique du français québécois en ce qui a trait aux mots d’emprunt et leur prononciation.

 Axe Diachronie – Modéliser le changement linguistique

(Marie Labelle)

L’objectif de l’axe diachronie est d’étudier l’évolution de la grammaire de la langue française en tenant compte de la variation inhérente à tout processus de changement. Pour mieux comprendre les facteurs en jeu dans le changement linguistique et modéliser sa diffusion dans le temps, une étude de l’évolution de la langue s’avère nécessaire.  

La grammaire de l’ancien français tel qu’observée dans des documents datant de 900 à 1400 était très différente de celle du français moderne. (L’omission du sujet était permise, la position préverbale n’était pas nécessairement celle du sujet, la position des pronoms était déterminée par la position du verbe dans la phrase, des particules adverbiales véhiculaient des notions aspectuelles, les déterminants n’étaient pas utilisés comme en français moderne, la possession pouvait être exprimée par juxtaposition, etc.)  En bref, les objectifs de cet axe sont les suivants :

  1. Analyse des constructions en variation;
  2. Étude de la distribution des constructions dans les textes;
  3. Analyse de la diffusion des changements;
  4. Modélisation de la variation en diachronie. 

L’utilisation de corpus électroniques de textes annotés syntaxiquement permet d’étudier la distribution des constructions dans les textes, de documenter l’origine des changements et leur diffusion, et plus, généralement, de mieux comprendre le processus de changement linguistique. Nous utilisons une méthodologie développée à l’Université de Pennsylvanie par Anthony Kroch pour l’étude de l’ancien anglais et le logiciel de recherche CorpusSearch. Le corpus de textes français sur lequel nous nous basons a initialement été développé à l’Université d’Ottawa; nos recherches contribuent à l’augmentation du nombre de textes disponibles. Nous utilisons également le logiciel SATO  développé à l'UQAM par François Daoust pour l'analyse de textes par ordinateur.